L'intrusion de l'économie

L’intrusion de l’économie par la mafia Il faut tout d’abord comprendre qu’il est possible d’assimiler une mafia à une entreprise, en effet, elles partagent les mêmes buts qui sont la maximisation des profits et la croissance de l’entité. Et on l’a vu, cette continuité de l’action mafieuse s’est faite par la mise en place d’un mode de fonctionnement stricte. Ainsi pendant de nombreuses années, la pratique criminelle, même voyante fut impunie du fait d’un retard de la par de la police. Ce retard, grâce aux coopérations entres services de police et aux avancées dans le domaine antimafia, a pu se combler. Dès lors les mafias ont du s’adapter à la nouvelle donne et comme une entreprise, ont du se renouveler : fini les règlements de compte fréquents, le mot d’ordre est la transparence, le but étant de rendre intouchable les activités, du moins une partie, pour assurer un profit minimum. De cette réflexion, les mafieux vont émettre une conjecture : si les actions criminelles sont de plus en plus punies, à nous de faire en sorte de faire dans le légal. Ils ont donc échafaudé un plan dont le premier étage est le blanchiment d’argent. Il consiste à transformer de l’argent sale, obtenu lors d’opérations illégales, et de le transformer en argent propre qui aurait autant de valeur que de l’argent obtenu normalement. Il existe de nombreuses manières de blanchir de l‘argent, on voit l’utilisation de beaucoup d’agents, ce qui rend difficile la lutte contre celle-ci. Ainsi, comme une entreprise, les mafias vont créer ou investir dans des entreprises légales, c’est alors que l’on a vu le domaine financier légal se faire infiltrer par la mafia, dès lors on verra le marché des capitaux financé par l’argent sale, on considère aujourd’hui que le CAC40 sert de machine à laver au fonds des mafias russes. Et de plus, si nous réfléchissons, le fait que les capitaux ne soient pas légaux va fragiliser les marchés de capitaux et donc l’économie mondiale. Les marchés des changes sont le compartiment du marché financier global qui a enregistré la plus forte croissance, puisqu’au cours de la décennie 1980, le volume des transactions a été multiplié par 10. Actuellement le volume quotidien des opérations sur ces marchés atteint 1550 milliards de dollars en période normale. C'est dire la difficulté qu'il y a, une fois que de l'argent sale a réussi à pénétrer le système financier mondial à un point quelconque, à identifier les flux qui correspondent à sa mise en valeur et à son rapatriement éventuel. L'opération qui a toujours été la plus difficile, et qui le demeure encore au moins relativement, est celle de la pénétration dans le système financier des sommes à blanchir. Le système financier inclut selon le un secteur "formel", essentiellement les banques, et un secteur "informel". Le système financier cible peut être le système national d'origine, mais de plus en plus fréquemment il s'agit de systèmes situés à l'étranger. Ceux-ci sont choisis en fonction, soit de leur taille (par exemple celui des États-Unis) le nombre des établissements étant par lui même un facteur qui multiplient à la fois les possibilités de pénétration et de dissimulation des opérations soit d'une législation laxiste (les paradis fiscaux) ou d'habitudes particulières de secret bancaire (la Suisse). Ceci vaut aussi bien pour les banques que pour le secteur financier informel. Cette dernière fut infiltrée d’autant plus à cause de la mondialisation qui va, par définition, permettre la libre circulation des capitaux, et par conséquent les sales. La réinjection de l’argent sale dans le circuit économique est favorisée par la mondialisation. Une fois que l'argent sale a réussi à pénétrer à l’intérieur du système financier formel ou informel à un point quelconque d'un système désormais mondialisé, il lui est maintenant devenu évidemment extraordinairement aisé de se mouvoir à l'échelle internationale. A un plus petit niveau, on peut aussi analyser les dommages que font les mafias dans l'économie plus locale, en effet si les mafias racket des entreprises, ces dernières qui gardent le silence ont moins de chance d'investir, et donc d'augmenter la croissance. De plus les réseaux de contrefaçons organisés par les mafias vont aussi handicapés l'économie. Il faut aussi prendre en compte que les institutions avec un objectif de contrecarrer les mafias, comme Interpol, vont de plus en plus faire passer des décrets comme celui qui peut accorder à la police de contrôler les comptes. Même s’il s’agit d’un pas en avant, on est loin derrière les mafias qui ont su s’adapter aux nouvelles exigences de l’économie. Il est en effet utopique de penser que l’épuration du réseau économique est possible, tant par la capacité de dissimuler les fonds sales grâce aussi à l’existence d’Etats laxistes ou de paradis fiscaux.

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