Ramifications des Mafias

La Mafia Russe:

La mafia russe est une organisation criminelle appelée aussi « Mafia Rouge ». C'est un terme donné à beaucoup d'organisations criminelles d'origines ethniques différentes et qui sont apparues après la dislocation de l'ex-Union Soviétique. Parmi ces dernières, on trouve des mafiosi Tchétchènes, Géorgiens, Ukrainien, Arméniens, Azéris, Russes et d'autres issus des diverses Républiques de l'ex-URSS. Au travers de ces différents groupes, on trouve différentes organisations criminelles comme par exemple en Russie les branches moscovites Dolgoprudnenskaya, Izmailovskaya et Solntsevskaa.

En réalité, en Russie, il a toujours existé un réseau d'organisations illégales qui, à la différence de la Mafia sicilienne, n'a pas une structure verticale qui coordonne ses activités. Elles ne sont pas commandées par une seule et même tête. Elles sont divisées en plusieurs groupes plus ou moins puissants sur des bases locales (elles peuvent néanmoins embrasser facilement des provinces entières voire des Républiques).

Pour chaque organisation on trouve au sommet un parrain. Il contrôle un adjoint que l'on appelait anciennement "le brigadier" et qui se nommerait aujourd’hui le "Premier Loyal". Il serait étroitement surveillé et contrôlé afin qu'il ne prenne trop d'importance et qu'il ne représente une menace directe pour le parrain. Il doit être marié (parfois avec une femme ou une proche de la famille du Parrain) et ne doit pas succomber aux charmes des entraîneuses.

Pour intégrer ces organisations, les candidats doivent se soumettre à des rites initiatiques. A l'instar des Yakuzas au Japon ou d'autres organisations criminelles étrangères, ils peuvent avoir des tatouages qui permettent de les distinguer et de signifier leur appartenance à un groupe précis.

Ces mafia, appelées aussi "mafya", sont organisées de façon plutôt politique et sont liées aux crimes et aux actions illégales les plus divers tels que, le racket, les enlèvements et les assassinats, la corruption de fonctionnaires et personnalités politiques (dans son rapport pour 2005, Transparency International place la Russie à la 128ème place sur 146, alors qu’elle y figurait à la 90ème en 2004), le trafic de drogue et d'armes, le blanchiment d'argent, la prostitution, le proxénétisme, la traite des femmes, le passage de clandestins, les enlèvements, les extorsions, l'infiltration d'entreprises légales et le "cyber-crime", notamment l'utilisation frauduleuse de cartes de crédit et le vol d'informations confidentielles.

Les triades Chinoises: 

La Triade originelle était une société secrète née en opposition à la dynastie mandchoue des Qing à la fin du 17e siècle. Ses fondateurs auraient été des moines du monastère de Shaolin, où le kung-fu a été inventé et enseigné. Société patriote, elle voulait restaurer l’ancienne dynastie Ming. Pour ce faire, elle a soutenu pendant des siècles de nombreuses révoltes contre les usurpateurs mandchous. Ses membres possédaient un langage codé, des signes de reconnaissance et pratiquaient des disciplines de combat tenues secrètes.

Au 19e siècle, les sociétés secrètes chinoises étaient à la fois syndicats, sociétés d'entraide, organisations politiques, groupes économiques, etc.

Les sociétés secrètes fonctionnaient comme des syndicats souvent contrôlés par des patrons. Celui qui refusait de devenir membre ne pouvait guère espérer trouver un emploi dans les mines d'étain du sud de la Thaïlande ou les moulins à riz de Bangkok.

les ang-yi ou tua-hia faisaient également office de société d'assurance et d'entraide pour leurs membres. Elles pouvaient honorer les frais d'un procès devant un tribunal, veillaient à ce que les membres emprisonnés reçoivent un traitement décent, s'occupaient de leur personne en cas de maladie et de leur dépouille en cas de décès.

Les triades auront aussi, très tôt, une dimension politique. Le premier président de la République de Chine, Sun Yat-sen, était lui-même un « 426 », soit un responsable de la sécurité et de la discipline, de la triade des Trois-Harmonies. Entre 1903 et 1908, il fit quatre séjours au Siam au cours desquels il contacta les leaders de diverses sociétés secrètes. Les triades participèrent à une révolte en 1911 qui déboucha sur la défaite des Qing et la proclamation de la République. Plus tard, Tchang Kaï-chek utilisa ses appuis au sein de la bande Verte, une autre société secrète, pour éliminer les communistes de Shanghai. Au Siam, la plupart des leaders de triades allaient devenir des protégés des gouvernements européens et constituer ainsi une menace politique d'un autre genre pour les dirigeants.

La dimension économique des sociétés secrètes connaissait des formes très diverses mais était bien réelle. Les leaders des triades pourvoyaient aux besoins des travailleurs immigrés chinois, tels que les jeux, les alcools, l'opium et les prostituées. Ces commerces étaient alors légaux mais lourdement imposés.
Mais, dès milieu du 19e siècle, certains de ses membres avaient rompu avec l’idéal des origines et pratiquaient une violence gratuite au service de leurs seuls intérêts. Des loges de la Triade originelle sont ainsi devenues des gangs de voleurs et d’assassins. 

En 1949, les communistes les déclarent hors-la-loi. Elles fuient alors la Chine populaire pour s’installer à Hong Kong, Macao ou Taiwan. Dès lors, ces sociétés ne sont plus qu’un pâle reflet de leur glorieux passé. Toute leur activité se centre alors autour du crime organisé.
Bien évidemment, les triades sont au cœur du trafic de drogue en provenance du Triangle d'or. Cette région, située à cheval sur le Laos, la Thaïlande et la Birmanie, produit chaque année la moitié du volume mondial d’opium et de ses dérivés dont principalement l’héroïne.

Le rattachement de Hong Kong à la Chine en 1997 a soulevé quelques inquiétudes chez les dirigeants mafieux. Cependant, le gouvernement chinois témoigne d’une étrange mansuétude à l’égard des triades. Ces groupes très riches réinvestissent une large part de leur argent sale sous forme d’investissements en Chine. Ainsi, le ministre de la Sécurité publique chinois d'alors, Tao Siju, a déclaré en 1995 que « les membres des triades ne sont pas tous des gangsters. S’ils sont de bons patriotes, s’ils assurent la prospérité de Hong Kong, nous devons les respecter. » Il a même affirmé que « le gouvernement chinois est heureux de s’unir à eux. »

Les Yakuzas:

C'est en 1868 que le Japon est entré dans « l'ère Meiji », synonyme de renouveau, signifiant la fin de la féodalité et le début de l'ère industrielle japonaise. Les Yakuzas prennent alors soin de tisser des liens étroits avec le gouvernement. Parallèlement à ces activités politiques, l'organisation va alors intensifier ses méthodes de recrutement. La place accordée aux jeux tend à s'affaiblir, la police renforçant sa lutte, lestekiya vont voir augmenter effectifs et leurs gains grâce à des couvertures leur garantissant la légalité, en surface bien entendu, de leurs actions. Durant toute cette époque se développe tout un commerce clandestin autour du jeu, du sexe et du marché noir.

La famille Yakuza se politise et se rapproche de l'extrême-droite. Il s'agit alors de prévenir toute manifestation de bienveillance envers l'Occident et, jusqu'au milieu du XXème siècle, les Yakuzas vont se spécialiser dans des actes terroristes visant généralement des hommes politiques séduits par l'optique d'une ouverture du pays aux idéologies provenant d'Europe ou d'Amérique. Suite à l'ouverture du pays à l'Occident et à sa démocratie le statut de l'empereur va être remis en question. Les Yakuzas vont alors développer un nationalisme exacerbé qui les conduit à l'assassinat de deux premiers ministres et de deux ministres des finances, ainsi qu'à de multiples autres agressions. Jusque dans les années 30, les Yakuzas s'infiltrent dans les milieux ouvriers et dans la politique. Comme ils aident l'ultra nationalisme proche du pouvoir, le gouvernement s'alliera à eux, leur accordant en échange plus de liberté.

Les années d'occupation américaine seront pour les Yakuzas une période de bienveillance de la part des autorités. On dénombre à cette époque plus de 60 bandes, acoquinée avec les partis politiques et la police, qui ferment les yeux sur leurs activités, les estimant « utiles à la communauté ».
Après la défaite du Japon pendant la 2e Guerre Mondiale, le pays sera totalement ravagé. La pègre en profitera pour s'accaparer le monopole du marché noir. La loi japonaise étant ce qu'elle est, les actions des Yakuzas relèvent presque de la légalité. Mais en 1992, une loi antigang est votée pour tenter de faire disparaître les boryôkudan (syndicats du crime). Les Yakuzas se font alors moins nombreux. Mais ils sont toujours là, camouflés en diverses entreprises. Placés sous la haute surveillance de l'Armée américaine, moins chargée de les condamner que de les observer, ils traversent une période florissante et tranquille, la police ayant perdu le droit d'être armée suite à l'occupation américaine. Les Yakuzas étant anticommunistes (puisque ultra nationalistes), ils seront aussi aidés par les Américains, qui libéreront même des criminels anticommunistes incarcérés. Le marché noir se développe (apparition des gurentai , "voyous", spécialisés dans ce domaine) faisant la fortune de nombreux clans. Le marché noir (du aux rationnements) sera leur mie de pain. L'organisation se structure alors très fortement, se servant de la violence pour parvenir à ses fins, tout en gardant une solidarité et un « honneur » à toute épreuve : c'est que les enjeux devenant plus importants, les hostilités gagnent en ampleur.

Dans les 50's , les américains ne peuvent les combattre, ils deviennent plus violents que leurs prédécésseurs. L'image moderne du Yakuza se dégage alors: inspirés par les gangsters américains, notamment l'imagerie de la mafia de Chicago, ils se coiffent avec soin, portant lunettes et costumes noirs et chemises blanches. Les armes à feu remplacent le sabre, au grand dam des civils: certains gangs demeurent certes attachés à un certain sens de l'honneur, mais d'autres agissent sans état d'âme et n'épargnent pas, lors de règlements de comptes publics, les innocents pris entres les feux., ce qui explique que la population ne les apprécie guère.

Si les accointances des Yakuzas avec le gouvernement et la police leur ont épargné des représailles durant les années 50, la nouvelle génération, qui se développe au début des années 60, se fait plus violente mais aussi beaucoup plus importante ; le temps que les autorités réagissent, elles doivent faire face à plus de 180 000 membres divisés en plusieurs familles.

On dénombrerait aujourd'hui environ 90 000 Yakuzas divisés en plusieurs syndicats. Au cours des années 90, la législation va leur porter de durs coups et entamer leurs relations avec les autorités : la loi antigang de mars 1992, dont le but était de connaître et d' empêcher de nuire les Yakuzas et leurs sociétés va entraîner une baisse sensible du recrutement, mais aussi les inciter à mieux s'organiser. pour ne pas tomber, à créer des sociétés écran avec des activités légales (Snack, cabarets, ...). Depuis les années 90, les relations des Yakuzas avec les autorités se sont largement effondrées. Une section antigang a été créée pour lutter contre eux mais ils ressortent les anciens arguments qui leur attribuait la criminalité basse au Japon vu la régulation qu'ils exerçaient sur les actions des voyous. Ceci dit, ils sont responsables de la plupart des meurtres perpétrés au Japon et ne sont pas près de disparaître tant leurs domaines d'action sont vastes, tant leurs liens (avec les politiciens, les triades, la mafia sud-coréenne) forts et tant leur place dans l'imaginaire nationale est importante.

 

 

 

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Commentaires (5)

1. VALLE 21/07/2008

mafia et monopoles
2 mots qui se ressemblent étrangement !
l'un ne va pas sans l'autre !
les mafias déguisées sont des groupes de gens puissants désireux d'exploiter les "autres" l'espionnage est de rigueur pratiqué par des débiles mentaux drogués pour certains !
amis de grosses structures qui font des chiffres d'affaires importants
j'ignore si les dirigeants sont informés des déchets infiltrés mais
certains d'y retrouvent !
ces clubs de grandes oreilles étranges
s'occupent de tout ce qui ne les regarde pas ! le bouche à oreille du club des commères a un effet garanti !
prix raz des paquerettes ou crever !
ils mettent en péril les autres entreprises mais ce n'est pas grave ! du moment que les gros cons s'y retrouve c'est parfait

2. Lamlam 01/10/2009

Et les mafias italiennes ???? Voyons !

3. botte 18/10/2010

Vive Wikipédia hein? Combien avez-vous eu?

4. maxime_administrateur 25/10/2010

Nous avons eu 13. Et c'est dur comme sujet, enfin ca fait maintenant deux années que je suis dans l'enseignement supérieur et quand je regarde ce que j'ai pu faire, ca me fait peur à quel point c'est bof!! Là je suis en L2 Droit et Sciences politiques et tout ce que j'ai appris en deux années pourrait me permettre de tout recommencer!!

Donc ce que je peux conseiller c'est de pas trop vous emballez, vous ferez pas un papier de doctorant en première!! Je vous conseil cependant un excellent site internet, c'est celui d'un département de recherche de mon Université (Paris II Panthéon Assas) et pour avoir lu pas mal de truc, c'est vraiment bien!!

Et il est surement tard, vous avez peut etre déjà vos plans, mais si vous êtes en ES, je vous conseil de porter votre analyse sur les impacts dans l'économie, regardez aussi l'aspect sociologique de la mafia, et enfin pensez à l'Etat!! Evitez ce qu'on a pu faire sur les ramifications, ca c'est du journalisme de kéké et pas une analyse comme on a pu vous le demander (même si les ramifications ont un lien avec l'Etat, sa force, son histoire...)

donc le site internet du Département Recherche sur les Menaces Criminelles de l'université Paris II :
http://www.drmcc.org/

Bonne chance!

5. P E J 21/11/2011

Salut !
On est 3 élèves de première ES, et on bosse actuellement sur un TPE sur les mafias Italiennes. On a lu tes conseils à propos des sujets à aborder ils semblent pertinents ...
Pour notre plan, on fera une présentation générale des différentes mafias Italiennes, puis on parlera de leurs agissements et secteurs d'activité dans le monde, et enfin, des impacts sur la société et l'économie actuelle. Qu'en pense tu ? Cela te parait convenable ?
Merci !

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